J'ai aujourd'hui 14 ans et 5 mois. Et c'est aujourd'hui que je réalise qu'il me faut prendre des décisions. Des responsabilités. J'ai toujours détésté ce mot. Je n'arrive pas à réaliser ce passage, du stade du rêve et de l'innocence à celui de " pré-lycéenne". Certe, je n'ai que 14 ans, mais cette pression que l'on exerce sans cesse autour de nous, jeunes troisièmes, m'angoisse. J'ai peur. Oui, j'ai peur. De faire les mauvais choix et me dire que jamais je ne pourrais revenir en arrière... Cette foutue orientation me désoriente, je ne sais plus quoi penser. Où en suis-je, Où suis-je, Qui suis-je ? J'abandonne. Toutes ces questions quee l'on est censés se poser, toutes ses réponses que je ne suis pas capable de trouver... J'ai beau chercher, c'est le vide. Total. Mais pas à pas, je savais que ce moment approchait, depuis toujours j'avançais vers ce moment, ce jour où il va me falloir faire des choix. Mais je me sens comme écrasée par ces décisions à prendre, cette enfance en moi qui ne demande qu'à continuer encore et encore jusqu'à ce que mort s'en suive. "Je ne veux pas grandir." Oui, c'est une phrase toute faite, ce genre de phrase que je déteste écrire. Mais celle-ci est pourtant totalement adaptée à la situation. Je me sens différente, certe. Mais quel métier faudrait-il exercer pour ne pas être comme tout le monde ? Les temps sont durs . Il faut penser au salaire. Le nombre d'années d'études, -même si passer encore dix ans à étudier ne me dérange absolument pas- , le niveau, le prix.. Oui, le prix, car si certains n'y pense même pas ( maman et papa sont là pour ça ! ), d'autres s'ôtent des dizaines de possibilités s'offrant pourtant à eux. Car comme je l'ai dit plus haut, les temps sont durs. Pour parler de mon cas, je me sens complètement nuleet délaissée en ce moment. Lorsque, comme moi, on est dans une des meilleures classe d'une des meilleures écoles de la région, il y a de quoi, car les filles avec leurs 18 de moyenne général ont de quoi exaspérer mon petit 15 et mes incompréhension de cours régulières. Pour en revenir à l'orientation, j'ai bien peur de ne plus pourvoir rêver; il va me falloir atterir au sol, dans la réalité. J'espère au moins ne pas me faire trop mal en retombant dans le monde des faux-semblants. Car ces superficialités n'existaient pas dans mes rêves de liberté. Oui, j'ai rêvé de voyages, de justice, de découvetes, d'art, de danse, et de bonheur éternel.Mais ici, tout me semble laid et sombre... Tous ces gens qui partent travailler chaque matin... Combien d'entre eux s'y rendent en chantant ? Combien d'entre eux n'ont pas envie de tout plaquer ? Je ne veux pas faire partie de cette majorité de personnes qui se disent chaque jour qu'il faut travailler pour vivre. Et je veux pouvoir dire que j'aime mon métier autant que la vie. J'étais un peu la " Sarah aux pays des merveilles ", je vais devoir devenir la " Sarah au pays du dérisoir " . Mais mes pensés me dépasent, je n'réalisais pas le temps qui passe, cette fois il va falloir prendre la réalité en face, c'est ou ça, ou je trépasse.